#Recontre : Ibrahima Aya

Commissariat général Commissariat général, le 6 avril 2020 | 0 commentaire

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Ibrahima Aya,

Cofondateur des Éditions Tombouctou, et organisateur de la Rentrée littéraire du Mali présente son action au Mali en répondant à 4 questions.

 

Qui êtes-vous et  en quoi consiste votre activité ?

Je suis ingénieur agronome, écrivain et éditeur. Cofondateur des Editions Tombouctou, je vis à Bamako où, parallèlement à mes activités littéraires et éditoriales, j’exerce ma profession d’agronome. Je suis également cofondateur et directeur de la « Rentrée Littéraire du Mali », l’évènement littéraire de référence au Mali, créé en 2008 et dont l’édition de 2020 s’est tenue du 18 au 23 février 2020 sur le thème « Grands récits et petites histoires ».

Quelle est la mission qui vous tient le plus à cœur ou l’initiative dont vous êtes le plus fière dans le cadre de votre activité ?

Atelier professionnel - Rentrée littéraire du Mali 2019La Rentrée littéraire du Mali : Première du genre en Afrique, elle fait désormais du Mali un des grands rendez-vous de la célébration de la création littéraire francophone sur le Continent. Espace de partage de l’imaginaire, de débats sur les enjeux de société et de renforcement des capacités des acteurs du livre, elle convie chaque année une centaine d’écrivains et d’artistes, issus des cinq continents, dans un dialogue transversal avec le jeune public notamment (40 000 participants en 2020), à raconter le monde, dans sa diversité et ses histoires qui ouvrent des possibles.

Quel est l’obstacle majeur, le frein ou la difficulté auquel vous êtes confrontée dans votre activité ?

L’absence d’une politique du livre au Mali ! Ce manque de vision stratégique :

  • Prive les acteurs du livre des engagements politiques, des instruments juridiques et des moyens institutionnels et économiques nécessaires à la structuration et au développement soutenus d’une filière du livre ainsi qu’à l’ancrage d’une culture de la lecture ;
  • Ne permet pas aux professionnels du livre de profiter d’un écosystème (infrastructures, capacités, compétences, demande, offre, prospective…) favorable à l’investissement dans une économie du livre et du savoir ;
  • Maintient la filière du livre dans un état de survie et au profit de l’informel (prix, circulation, concurrence, piratage, visibilité…).

Qu’attendez-vous en priorité des États généraux du livre en langue française dans le monde ?

Je ciblerais trois principaux résultats à attendre des États généraux :

  • L’appui à la réalisation d’états des lieux du secteur du livre et de la lecture dans les pays africains où cet exercice n’a pas encore été entrepris ;
  • Le soutien à la formation des professionnels du livre et de la lecture à travers un programme conséquent de renforcement des capacités ;
  • La facilitation de la circulation du livre entre les espaces francophones du Nord et du Sud.