#Rencontre : Abdelkader Retnani

Commissariat général Commissariat général, le 28 mai 2020 | 0 commentaire

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Abdelkader Retnani,

Fondateur et directeur des Éditions la Croisée des Chemins au Maroc qui comptent aujourd’hui plus de 1000 titres à leur catalogue.

 

Qui êtes-vous et  en quoi consiste votre activité ?

Editeurje reçoides manuscrits pour promouvoir de jeunes auteurs francophones : romans, essais, beaux livres sur le patrimoine national dirigés par une équipe de spécialistes (historiens, anthropologues, sociologues, architectes, urbanistes etc…). Les Éditions la Croisée des Chemins publient en moyenne 6 beaux livres par an que nous diffusons par nous même au Maroc, Sénégal, Côte d’Ivoire, Cameroun, Tunisie et par Sofiadis en Union EuropéenneJe suis également éditeur Mentor auprès de l’OMPI pour former des éditeurs africains. 

Quelle est la mission qui vous tient le plus à cœur ou l’initiative dont vous êtes le plus fier dans le cadre de votre activité ?

Depuis 30 ans, je mène un combat sur le continent africain francophone pour promouvoir des livres d’auteurs marocains. 

Une de mes plus grandes fiertés est notamment d’avoir proposé que le Maroc soit l’invité d’honneur dans plusieurs salons internationaux : Genève 2012, Côte d’Ivoire 2014, Sénégal 2015, Paris 2016, Québec 2017 et Bruxelles 2020. 

Je suis également très heureux d’avoir participé à la création et l’organisation du salon Maghrébin : Lettres du Maghreb en partenariat avec l’Agence de l’Oriental (avec un budget de 6 millions d’euros).

En 2015, j’ai participé, durant le salon international du livre de Casablanca, à l’invitation de l’organisation de la CDAO avec ses 13 ministres de la culture et les éditeurs de ces pays, ce qui a permis le renforcement des liens de coopération, avec une prise en charge totale par le ministère de la culture marocain de touteles délégations (50 personnes). 

Le lancement d’un Hub des cessions de droit pour l’Afrique au Salon de Casa 2016 compte également parmi les projets qui me tiennent à cœur, de même que la mise en place d’un partenariat entre l’union professionnelle des Editeurs Marocains et la Région Occitanie pour la coédition et la cession de droits qui promet un bel avenir, ou encore le partenariat de cessions de droits développé avec Albin Michel afin de faire baisser le prix public au Maroc pour être accessible au pouvoir d’achat marocain. 

Mes efforts ont été récompensés au sein des deux rives : Officier du Wissam Alaouite au Maroc et Officier de la Légion d’Honneur de la République Française. 

Quel est l’obstacle majeur, le frein ou la difficulté auquel vous êtes confronté dans votre activité ?

Le problème reste celui de la diffusion pour le Maroc, au niveau du Maghreb, nous devons faire face au coût élevé du transport aérien, à la lenteur du transport maritime et aux lourdeurs administratives, et enfin pour l’Afrique, à la désorganisation de la chaîne du livre. 

Qu’attendez-vous en priorité des États généraux du livre en langue française dans le monde ?

Consolider nos efforts par la coédition et la cession de droits dans les deux sens, tel que l’expérience entre Au diable vauvert et La Croisée de Chemins qui se sont répartis leur marché. L’avenir du livre francophone ne peut avancer et briser les frontières que dans le vivre ensemble avec une égalité des chances et un partage dans les deux sens.