#Rencontre : Frédéric Brisson

Commissariat général Commissariat général, le 20 avril 2020 | 0 commentaire

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Frédéric Brisson,

Directeur général du Regroupement des éditeurs franco-canadiens (REFC) basé à Ottawa.

 

Qui êtes-vous et  en quoi consiste votre activité ?

Après avoir complété une thèse de doctorat en histoire du livre, où j’ai analysé l’évolution des structures de distribution au Canada, j’ai assuré la gestion et la coordination du programme de 2e cycle en édition offert à l’Université de Sherbrooke. Avec la volonté de me rapprocher de l’action sur le terrain, je suis ensuite devenu directeur général du Regroupement des éditeurs franco-canadiens (REFC). Cette association professionnelle réunit seize éditeurs actifs au Canada dans les provinces où l’anglais est la langue majoritaire (c’est-à-dire à l’extérieur du Québec) et mène des initiatives collectives de promotion et de diffusion. 

Quelle est la mission qui vous tient le plus à cœur ou l’initiative dont vous êtes le plus fière dans le cadre de votre activité ?

Au cours des deux dernières années, l’appui du REFC s’est avéré décisif à la création de nouveaux salons du livre aux quatre coins du pays, notamment à Vancouver (Colombie-Britannique), Winnipeg (Manitoba), Kingston (Ontario) et bientôt à Saint-Jean (Terre-Neuve), où aucun salon n’avait eu lieu depuis plus de 20 ans. Ces événements, grâce à la mobilisation des acteurs locaux et du grand public, deviennent des ancrages rassembleurs avec de nombreux effets positifs pour les communautés. Le REFC soutient également la tenue de salons thématiques qui illustrent le fort engagement de ses éditeurs envers les minorités, dont le Salon du livre des Premières Nations (Québec) et le Salon du livre afro-canadien (Ottawa). 

Quel est l’obstacle majeur, le frein ou la difficulté auquel vous êtes confrontée dans votre activité ?

Dans un contexte où la population de langue française se trouve en situation minoritaire et où, par conséquent, les librairies francophones sont peu nombreuses, l’accès au marché est complexe. Les initiatives de promotion destinées aux bibliothèques et aux établissements scolaires deviennent essentielles afin de pallier à la rareté des librairies. De plus, compte tenu de l’éloignement géographique et de la difficulté à capter l’attention des médias à l’échelle nationale, des efforts considérables doivent être déployés pour accroître la notoriété des auteurs franco-canadiens au Québec, et à fortiori en France et dans l’ensemble de la Francophonie. 

Qu’attendez-vous en priorité des États généraux du livre en langue française dans le monde ?

Que les acteurs puissent non seulement se rencontrer et analyser les enjeux communs, mais adoptent également une approche pragmatique dans la  recherche d’idées et de solutions collectives dans un certain nombre de dossiers prioritaires. Je pense notamment à l’accès du public au livre et à la commercialisation dans le contexte multinational des pays qui composent la Francophonie. S’il y a une chose que la pandémie cauchemardesque qui sévit actuellement nous fait constater, avec humilité, c’est que nous sommes tous dans le même bateau et qu’il serait préférable de ramer dans la même direction.