#Rencontre : Pascale Siew

Commissariat général Commissariat général, le 6 avril 2020 | 0 commentaire

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Pascale Siew, 

Directrice et fondatrice des Éditions Vizavi témoigne de son expérience dans le contexte multiculturel de l’Île Maurice.

 

Qui êtes-vous et  en quoi consiste  votre activité ?

Mon nom est Pascale SIEW et je suis éditrice basée à l’Ile Maurice. J’ai créé les Éditions VIZAVI en 1993 et les dirige depuis.

Quelle est la mission qui vous tient le plus à cœur ou l’initiative dont vous êtes le plus fière dans le cadre de votre activité ?

Tikoulou pointant du doigtLa mission qui me tient le plus à cœur est de faire découvrir aux enfants mauriciens le plaisir de lire. Pour cela, en 1998, j’ai fait appel à un artiste-peintre local pour créer un personnage 100% mauricien et le faire évoluer dans son environnement à travers une collection d’albums aux couleurs vives et joyeuses. Avec près de 300 000 albums vendus, le personnage de Tikoulou est devenu aujourd’hui la mascotte de toute une génération d’enfants. En raison de sa notoriété, il est même présent dans deux manuels scolaires publié par le Mauritius Institute of Education.  

Quel est l’obstacle majeur, le frein ou la difficulté auquel vous êtes confrontée dans votre activité ?

L’Ile Maurice a une population de 1.2 million d’habitants seulement, avec de faibles habitudes de lecture et une absence totale de politique du livre, tant localement qu’à l’export. Dans ce contexte difficile, mon plus gros défi a été de trouver des « niches » commerciales m’assurant des commandes fermes pour pouvoir préfinancer mes projets d’édition. Mon activité à l’export a cependant été l’expérience la plus douloureuse avec la perte d’environ 8000 livres en France suite à la découverte du dépôt de bilan de mon distributeur français, soudainement disparu sans laisser d’adresse.

Qu’attendez-vous en priorité des États généraux du livre en langue française dans le monde ?

L’isolement géographique est un frein majeur à l’activité éditoriale à Maurice. Le meilleur outil pour y pallier à moindre frais serait la coédition voire la coimpression. Les États Généraux pourraient aider à identifier les éditeurs francophones et faciliter leur mise en réseau, par affinités ou lignes éditoriales, en vue de potentielles collaborations. La coédition et la coimpression permettraient aussi de contourner l’épineux problème de la distribution.